La Boîte à idée

La Boîte à idée

Déclinaison physique de l’association Wakh’Art, La Boîte à idée, à Dakar, est un lieu culturel en constante ébullition.

« L’art est un facteur de développement. » C’est le slogan de Wakh’Art (« parler art », en wolof). Cette association, qui s’attache à promouvoir la culture à Dakar, a été fondée en mars 2011 par Ken Aicha Sy, 29 ans, jeune designer de formation. Les événements et projets culturels portés par cette entité se tiennent, majoritairement, au sein de La Boîte à idée, une maison à l’aspect arty. « De nombreux projets autour de Wakh’Art naissent ici, indique Ken Aicha Sy. C’est un peu comme la Factory d’Andy Warhol, en moins dément tout de même, un lieu de passage pour les artistes et les curieux avides de découvrir les dernières tendances. »

Depuis 2011, Ken Aicha Sy multiplie les casquettes : blogueuse, militante culturelle, commissaire d’exposition, mais aussi gérante du label WAM, fondé avec le rappeur Moulaye. « Mais Wakh’art s’étend également au management, à la programmation et collabore avec des plateformes digitales de distribution musicale », explique la jeune femme, avant d’ajouter que sa structure se lancera prochainement dans la coproduction de courts et longs métrages.

Wakh’Art, générateur d’événements

Initialement créée à Gueule Tapée en 2012, La Boîte à idée a été délocalisée dans une maison du quartier Fenêtre Mermoz en 2016. Pneus, vieux pots de peinture et autres objets de récupération font office de décoration dans cet endroit où l’on met l’accent sur le développement durable. À l’intérieur, les murs, couverts de graffs, se déclinent comme un patchwork à l’image des activités de Wakh’Art, à la fois générateur d’événements et porte-voix pour les artistes. Dernièrement, le chanteur sénégalais Faada Freddy, le multi-instrumentiste haïtien Jowee Omicil, le photographe sénégalais YaceBanks ou encore l’artiste sud-africaine Mbali Dhlamini y ont fait halte.

Ken Aicha Sy dans son antre, La Boîte à idée à Dakar.
Ken Aicha Sy dans son antre, La Boîte à idée à Dakar. © Sylvain Cherkaoui/Cosmos/pour JA

Des œuvres de graffeurs et de plasticiens comme le Camerounais Fred Ebami y sont également exposées. On y trouve aussi une bibliothèque bien garnie et un espace vert. Une réservation suffit pour visiter la maison ou participer aux showcases, ateliers, expositions, performances, projections de films comme aux brunchs dominicaux mensuels, au cours desquels des créateurs présentent leurs œuvres dans le cadre d’expositions-ventes. À vrai dire, cette maison de Mermoz est en constante ébullition.

LE PARTAGE ET LA SYNERGIE ENTRE CHANTEURS, RAPPEURS, SLAMEURS, DESIGNERS OU PLASTICIENS RÈGNENT EN MAÎTRE », TÉMOIGNE LE RAPPEUR MOULAYE

« La Boîte à idée est un catalyseur pour les artistes et les amoureux de la culture, témoigne le rappeur Moulaye, grand habitué des lieux. L’endroit a été aménagé avec une véritable ouverture d’esprit. C’est un lieu accueillant où chacun peut trouver un coin pour écrire, peindre ou jouer de la musique sans déranger qui que ce soit. Le partage et la synergie entre chanteurs, rappeurs, slameurs, designers ou plasticiens règnent en maître. C’est l’espace d’échange et de rencontre par excellence. Et il porte très bien son nom compte tenu du nombre d’idées qui y germent et se concrétisent. »

La maison compte deux salons, un large bureau, deux grandes cours, un studio et une chambre réservés à la location. Si Ken Aicha Sy la loue via la plateforme Airbnb à un tarif journalier de 24 euros pour une période minimale de cinq jours, elle propose aussi des forfaits pour le studio ou lorsque la chambre est louée pendant plusieurs mois. « En fonction de la durée du séjour, on ajuste les tarifs. » Des tarifs que la jeune femme ne souhaite pas dévoiler.

Une part belle à la culture alternative

La chambre et le studio sont décorés avec du mobilier de la galerie Ambre, située aux Almadies, et avec des objets provenant d’un atelier de Dakar, l’Atelier 221. Sous peu, la maison devrait accueillir une autre chambre destinée aux personnes présentes à Dakar dans le cadre d’un stage ou d’une formation pour une durée de trois à six mois. Le tarif journalier sera moins cher que celui de la chambre louée via Airbnb.

Le locataire temporaire ou le visiteur de passage peut aussi choisir de s’offrir les œuvres de la galerie Ambre et de l’Atelier 221 : tableaux, sculptures, affiches et autres œuvres d’art. « On ne prend aucun pourcentage sur la vente des œuvres. Les prix de vente sont ceux fixés par les artistes. » Une dimension « concept store » qui concerne aussi certaines œuvres exposées dans la maison.

« Nous privilégions les locataires avec une sensibilité artistique, de passage pour monter des initiatives proches de nos activités culturelles. » Rien d’étonnant à ce que le off de la prochaine Biennale de Dakar, qui se déroulera du 3 mai au 2 juin, se prépare aussi au sein de La Boîte à idée. Au programme notamment, une exposition de l’artiste camerounais Gabriel Dia.

Autre futur projet au sein de La Boîte à idée : la mise en place d’une radio numérique qui fera la part belle à la culture alternative, à l’actualité du secteur digital, au cinéma africain ou encore à l’histoire du hip-hop. Une énième initiative qui devrait assurer le bouillonnement créatif de cette adresse atypique.

 

Voici le lien du journal  https://www.jeuneafrique.com/mag/552163/culture/la-boite-a-idee-culture-tous-azimuts-a-dakar/